Masque infrarouge ou masque LED, quelle différence ?
La confusion vient d'un mot. Les deux familles de produits emploient le terme « infrarouge », mais elles ne parlent pas du même infrarouge, et surtout elles ne fonctionnent pas dans le même sens.
Ce qu'est un masque LED de luminothérapie
Un masque LED est un appareil électronique. Il contient des diodes, il se recharge, il s'allume, il s'éteint, et il fonctionne par séances courtes, généralement de dix à trente minutes, les yeux fermés sous le masque.
Les longueurs d'onde employées se situent dans le rouge visible, autour de 630 à 660 nanomètres, et dans le proche infrarouge, autour de 850 nanomètres. C'est un domaine très proche de la lumière que vous voyez. Ces appareils sont majoritairement destinés au soin de la peau du visage, et se portent en séance, pas pendant la nuit.
Les prix constatés sur ce marché s'étalent largement, de quelques dizaines d'euros pour les modèles d'entrée de gamme à plusieurs centaines d'euros pour les appareils vendus en parfumerie ou en institut.
Ce qu'est un masque de nuit infrarouge passif
Un masque de nuit infrarouge passif n'a ni diode, ni batterie, ni bouton. C'est un textile. Il ne produit aucune énergie et n'émet aucun rayonnement électromagnétique actif.
Son principe est plus simple qu'il n'y paraît. Votre corps émet en permanence de la chaleur sous forme d'infrarouge lointain. Un film d'oxydes métalliques déposé sur le tissu absorbe cet infrarouge et le réémet vers la peau, au lieu de le laisser se dissiper. C'est la propriété que les physiciens appellent l'émissivité : un matériau qui absorbe bien réémet bien. Rien n'est créé au passage, l'énergie est seulement redistribuée.
Notez l'écart d'échelle avec les masques LED. On est très loin des 660 ou 850 nanomètres du rouge et du proche infrarouge. Ce n'est pas la même partie du spectre, et ce n'est pas le même mécanisme.
Cet infrarouge lointain ne chauffe pas. Il stimule l'enzyme eNOsynthase, qui libère du monoxyde d'azote, lequel participe à la microcirculation. C'est un effet lent, qui suppose une exposition longue, ce qui explique que le format soit un masque de nuit et non un appareil de séance.
Un masque de nuit sert d'abord à faire le noir. L'obscurité complète est ce qui permet à la sécrétion de mélatonine de se faire sans interruption. Un masque qui laisse passer la lumière par les côtés perd l'essentiel de son intérêt, quelle que soit la technologie du tissu.
Le tableau qui résume tout
Lequel choisir selon ce que vous cherchez
Le masque LED est fait pour cela. Le masque de nuit infrarouge ne le remplace pas, il ne fait pas la même chose.
C'est le terrain du masque de nuit. Le masque LED ne se porte pas pendant le sommeil, et il faudrait de toute façon lui ajouter une occultation.
Un textile passif ne se recharge pas, ne s'allume pas et n'émet aucun rayonnement actif. C'est un critère qui compte pour beaucoup de gens, et il est légitime.
Un textile se plie, se glisse dans un sac et ne demande aucune prise. Un appareil, non.
Ce que montre l'étude sur le masque Eclipse
Le masque de nuit Eclipse a fait l'objet d'une étude menée par l'Institut Sciences de la Vision : 20 participants de 54 à 88 ans, suivis pendant 60 jours d'usage nocturne.
Ce qui compte ici n'est pas qu'une étude existe, c'est ce qu'elle a fait. Les participants n'ont pas été interrogés sur leur ressenti. Deux paramètres ont été mesurés.
Le clignement est un réflexe, et il a une fonction précise : réhumidifier la surface de l'œil et y répartir le film lacrymal. Cligner moins souvent, c'est donc en avoir moins besoin. C'est aussi une mesure et non une déclaration, puisque le réflexe ne se décide pas. Le p inférieur à 0,001 se lit simplement : dans ce groupe, un écart de cette ampleur n'avait quasiment aucune chance de venir du hasard.
Ces glandes, logées dans l'épaisseur de la paupière, produisent la couche grasse du film lacrymal, celle qui ralentit son évaporation entre deux clignements. C'est le second paramètre que regarde un examen de confort oculaire.
Vingt personnes, une tranche d'âge élevée, soixante jours, et un travail qui n'est pas encore publié dans une revue à comité de lecture. Cela oriente, cela ne démontre pas, et cela ne dit rien de ce que vous obtiendrez, vous.
L'obscurité complète est immédiate, dès la première nuit, et ne demande aucune étude pour être constatée. Pour le reste, votre montre connectée mesure votre variabilité de fréquence cardiaque pendant la nuit : trente nuits avant, trente nuits après. C'est la seule donnée qui porte sur vous.
